Mon histoire

En décembre 2011, j’ai commencé à discuter avec un tunisien, K., sur un site de rencontre, à tous les jours et, parfois, 2 fois par jour. 

Fin janvier, K. me présentait ses parents, frères et sœurs, sur Skype. Le lendemain des présentations de la famille, il me dit que sa mère serait enchantée si j’allais visiter la Tunisie et, en même temps, au mois de mars, si je venais au mariage de son cousin. 

Sa mère voulait faire plus ample connaissance avec moi car K. lui avait avoué ses sentiments pour moi. Nous ne nous en parlions pas sur Skype mais, au fond de nous, l’amour croissait.

Donc, au mois de mars 2012, j’organise un voyage de 15 jours, en prenant toutes mes précautions. En arrivant à l’aéroport de Tunis-Carthage, K., son frère et un ami, étaient là pour m’accueillir. 

Nous nous sommes immédiatement enlacés ; nos cœurs battaient très forts et ce fut le début de notre relation.

Avant d’aller chez ses parents, nous sommes restés à Hammamet quatre jours. Nous devions nous rendre à Bechri, à 10 heures de Tunis, et mon vol avait été assez long. À cette époque, il n’y avait pas de vol direct. 

Nous en avons profité, pendant que nous étions seuls, pour nous déclarer notre amour. 

Rendus à Bechri, j’ai reçu un accueil de reine et passé du bon temps avec toute la famille ainsi que les habitants de Bechri. Le jour du mariage arrivé, j’ai participé à leurs coutumes. 

Quelques jours après, K. me demanda en mariage. Je lui ai dit que j’aimerais parler avec son père puisqu’il parle français alors que sa mère ne le parle pas. On lui traduisait notre conversation.

Je désirais leur parler de notre grande différence d’âge, 36 ans, mais, pour eux, cela ne les dérangeait pas. Ce qui était important pour eux, c’était que nous nous aimions et que nous soyons heureux ensemble. Ils m’ont témoigné leur amour et m’ont acceptée dans la famille.

Le 15 mai 2012, je retournais pour mon mariage. La famille, les amis et voisins étaient tous là, à la chapelle et à la réception chez la famille. 

À mon retour, je débutais le parrainage. J’étais loin de penser que ce serait un calvaire. Je l’ai fait seule et, après l’entrevue de mon mari à l’Ambassade du Canada à Tunis, on recevait un refus, le premier. On m’a suggéré de prendre un avocat, ce que j’ai fait, mais là encore, j’essuyais un refus. On demande le MARL, refus encore.  On va en appel, après 6 ans et demi de mariage, encore refusé. Croyez-le ou non, dans la lettre de refus, la commissaire s’est trompée de nom de mari ; j’avais le nom de mari d’une autre personne.

Jusque-là, j’avais payé plus de 15,000$, seulement en frais d’avocat et, si je voulais corriger l’erreur de la commissaire, je devais aller à la cour supérieure et payer encore des frais d’avocat pour une erreur qui n’était pas de moi. Ce qui est tout à fait injuste et inacceptable !

Je vous dirais que les entrevues que mon mari a passées ont été discriminatoires, injustes, remplies de préjugés et que la Charte des droits et libertés a été bafouée.

Alors, depuis la réponse de l’appel, mon mari m’a demandé le divorce car il n’en pouvait plus. Ça l’a rendu malade et dépressif. J’attends encore les papiers du divorce puisqu’il n’a pas encore effectué les démarches.

J’aurais aimé terminer cette histoire en gaieté mais c’est ma réalité. Ce fut très difficile de remonter la pente. Écrire cette histoire me fait encore mal. 

Alors, mon souhait est que les agents, qui passent les entrevues, se fassent greffer un cœur et arrêtent de refuser un parrainage pour des raisons de culture, d’âge, de religion et d’incrédulité face à notre réalité, alors que nous endossons nos parrainés pour trois ans. Il est où leur problème ?

Je n’aime pas que les personnes prennent les décisions à ma place. Dans la situation présente, nous sommes à leur merci et en leur pouvoir absolu.

J’aimerais finir sur une note positive. 

Maintenant, il existe l’Association Aide à l’Immigration, ou AAI, qui aidera les gens qui en feront la demande. Vous serez très bien orientés et guidés vers les bonnes personnes pour ne pas payer certains avocats qui abusent de nous.  Faites appel à AAI.